jeudi 21 septembre 2017

[Interviews] Esther Jules


Bonjour à tous,
 
On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle interview et c'est Esther Jules qui est à l'honneur sur le blog.
 
 
 
 
*****
 
 
 
Bonjour Esther et bienvenue sur Amabooksaddict,



1. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis petite fille qui trouve bizarre d’habiter ce corps qui change au fur et à mesure des années, comme si j’étais une adulte. Je m’étonne toujours du regard des autres sur moi, comme s’ils voyaient une femme, parfois pire une vieille. Avant, j’aimais bien m’asseoir à l’arrière de la voiture de mes parents et me laisser transporter ; maintenant on attend de moi que je sois celle qui prend charge et transporte. Zarb. Mais soit.

En tant qu’adulte, j’ai donc une maison, un mari, et un fils. Nous adorons tous trois les animaux, et en avons de plus en plus. Il y a Aston, une sorte de gros chien jaune, sorti d’un refuge ; Brume, une grosse chatte blanche, récupérée d’une portée jetée dans la forêt ; Garance une tigrée rachitique, qui s’est incrustée un beau jour chez nous en miaulant comme une forcenée à notre porte ; Chiffonnette, une tortue qui promenait sur le dos dans un lotissement, et les deux dernières, Fleur et Plume, deux mégères impertinentes qui ont le bon goût de nous pondre un œuf par jour.





2. Depuis quel âge écrivez-vous ? Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire la première fois ?

Je ne me rappelle plus bien à quel âge j’ai écrit mon premier roman, mais quelque part entre 12 et 14 ans sans doute. Je l’ai écrit parce que j’en avais envie, c’est aussi simple que cela. On ne se pose pas de questions existentielles à cet âge-là. C’est d’ailleurs à cette occasion que ma mère m’a donné sa vieille machine à écrire, sur laquelle j’ai fait connaissance avec AZERTY. Les jeunes n’ont pas connu les « vraies » machines à écrire, avec des touches sur lesquelles il fallait appuyer très très fort, et le bruit de la barre en métal qui s’actionnait à chaque fois en allant frapper le papier. Mais bon, je m’égare, à cette époque, je tapais seulement avec mes deux index.





3. Pourquoi publier en autoédition ?

L’autoédition n’est pas un sacerdoce ni un choix militant. C’est une possibilité, une liberté. Et comme toute liberté, on en use ou non.

« Les aventures fantastiques de Tom et Max » est mon premier roman jeunesse, coécrit avec mon fils. J’ai d’abord tenté une publication traditionnelle, et envoyé mon roman à neuf maisons d’édition. Je ne connais pas bien le milieu de la littérature jeunesse, cela m’a donc pris pas mal de temps jusqu’à ce que je trouve des maisons qui, je le pense, correspondent à ce texte. Mais la plupart des maisons ne prennent pas la peine de répondre, et je trouve cela assez méprisant de ne même pas se refendre d’un mail de refus type. S’ils ne veulent pas de manuscrits, ils n’ont qu’à fermer leurs soumissions. Sinon répondre est le minimum des politesses.

Comme mon souhait principal n’était pas de passer à tout prix par un éditeur, mais bel et bien d’amener mon texte à la vie en permettant à de jeunes lecteurs de le rencontrer, j’ai choisi l’autoédition. Ce système permet d’avoir toute liberté en termes de choix de couverture, d’opérations promotionnelles, de contenu textuel. En contrepartie, il faut se frapper les maquettes (choix de la police, choix des tailles, des espacements, mise en page etc.). L’autoédition m’a également permis de choisir un illustrateur qui me plaisait et qui correspondait parfaitement à l’idée que nous nous faisions des personnages de notre roman. C’est ainsi que nous avons travaillé avec Philippe Wolff, qui a su mettre les images que nous attendions là où nous n’avions que les mots.





4. D’où viennent vos idées pour l’écriture ?

En général je m’inspire du quotidien, que ce soit au travers de rencontres, ou par les journaux télévisés et les news. Il y a tellement de choses à voir et entendre de par le monde, on rencontre au quotidien tant de personnes étonnantes à tous points de vue, qu’il suffit de les croiser entre elles pour en faire des personnages d’exception. Pour ce texte en particulier, j’ai été aidée par l’imagination débordante d’un petit garçon de huit ans à l’époque. Là, il s’agissait plutôt de le freiner pour ne pas aller dans l’incohérence.





5. En quelques mots, pouvez-vous présenter votre roman ?

« Les aventures fantastiques de Tom et Max », c’est de lui dont je vous parlerai puisque c’est le seul que j’ai fait en auto édition, est un roman fantastique qui a pour héros deux jeunes garçons de 8 et 10 ans, et des animaux dotés de pouvoirs. Des choses étranges se passent dans la ferme où habitent Tom et Max, et ils vont devoir enquêter, munis de leur loupe et de leur carnet ultrasecret, pour y noter tous les indices qu’ils croisent. Les enfants sont assez fascinés par le texte et avancent très vite dans la lecture, c’est un plaisir d’avoir leurs retours.

Ce roman est de type « premières lectures », avec des phrases courtes. Mais le vocabulaire reste de qualité, les mots difficiles sont expliqués à la fin, contextualisés. Ce texte est là pour que les enfants prennent plaisir à la lecture, s’immergent dans ce monde en partie imaginaire, et oublient tout ce qui les entoure. Il n’y a pas de message du type « je ne dois pas suivre le monsieur dans la rue », ou « je mange des légumes ». C’est une pure lecture plaisir. Parce que déjà très jeunes, il y a des enfants qui déclarent ne pas aimer lire. Je pense simplement qu’ils n’ont pas trouvé le livre qui les attend quelque part. Si « Tom et Max » pouvait être celui-là pour certains d’entre eux, ce serait gagné.





6. Avez-vous d’autres projets à venir ?

Bien sûr ! Il y a des dizaines de projets dans ma tête, mais seulement quelques-uns en cours d’écriture. En ce moment sur le métier, un roman fantastique avec des wombats-garous, un crétin des Alpes, le tome 2 de « Talons hauts et taches de rousseur », un récit de voyage en Écosse, et bien sûr le tome 2 des « Aventures fantastiques de Tom et Max ».

Cette fois-ci, Tom et Max iront sur la lune, rien de moins ! Je compte l’auto éditer comme le premier, mais la question financière est un frein important, car l’illustrateur a bien entendu lui aussi besoin de vivre, et de ce côté-là le budget est loin d’être négligeable. C’est donc en cours de réflexion.





7. Avez-vous un rituel particulier avant - pendant - après l’écriture d’un roman ?

J’ai besoin de deux choses pour écrire.

D’abord le calme. Intégral, absolu. Personne autour de moi, si possible personne à un kilomètre à la ronde c’est parfait. Je déteste être perturbée quand je remonte le fil d’une idée.

Ensuite du temps. J’ai besoin d’avoir du temps devant moi pour me sentir sereine. Si je ne suis pas certaine d’avoir au moins une heure de libre, je n’ose pas commencer, par peur d’être interrompue. C’est tellement horrible quand il faut stopper l’écriture pour passer aux contingences du quotidien, et une fois que je suis stoppée les mots ne reviennent pas à l’identique.





8. Pour finir, un dernier mot ?

Merci Amandine pour cette interview !

Et à tous ceux qui veulent écrire, écrivez. Ne dites pas juste « Moi aussi je pourrais », ne dites pas « Je n’ai pas le temps », c’est une question d’organisation et de priorités. Et une question de choix. Si vous choisissez de dégager une heure par semaine pour faire du sport, vous pourriez à la place choisir de dégager une heure pour faire de l’écriture. Tout est une question de choix. Et si vous avez envie d’écrire, écrivez.

Si vous voulez vous autoéditer, attention, c’est beaucoup de travail. Vous y gagnez en autonomie et en indépendance, mais l’investissement en termes de temps est énorme si vous voulez obtenir quelque chose de soigné et de professionnel. Aucun système n’est parfait, pour ma part je prône l’hybridation, pour offrir à chaque projet l’écrin qui lui est le plus adapté.





******
 
L'interview touche à sa fin, merci Esther pour cette participation et à très vite.
 
Vous pouvez retrouver l'autrice sur son Blog, Twitter, Facebook et Instagram ; ses romans sont disponibles sur Amazon.
 

Chronique
 



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire