mercredi 27 septembre 2017

[Films] Mémoires d'une geisha

Mémoires d'une geisha






Sortie: 2005
Réalisateur: Rob Marshall
Genre: film dramatique romantique sino-américain



Résumé:


Une jeune campagnarde du Japon, Chiyo, et sa sœur Satsu sont vendues par leur père à la tenancière d'une maison de geisha (une Okiya). Les deux sœurs sont rapidement séparées et Chiyo se retrouve confrontée à la sévérité de la maîtresse de maison et à la dureté de la vie d'une apprentie geisha. Elle doit également faire face à l'hostilité teintée de jalousie de Hatsumomo, geisha vedette de la maison qui, par ruse, réussit à la faire reléguer au statut de simple servante.
Chiyo a perdu tout espoir en l’avenir lorsque, au hasard d'une rencontre, elle est séduite par la gentillesse d'un homme, président d'une entreprise d'électricité, dont elle tombe amoureuse. Elle décide alors de tout faire pour mériter son attention. Fort opportunément, une autre geisha, Mameha, la prend sous son aile et entreprend de lui enseigner les rudiments du métier en devenant sa "grande sœur". Grâce à Mameha et aidée de sa détermination, elle devient bientôt, sous le nom de Sayuri, une geisha célèbre et admirée dans tout le Hanamachi.
Mais le succès ne la rapproche pas de celui qu'elle aime en secret car une geisha n'a plus le droit à l'amour. D’ailleurs, Nobu, l'ami intime du président, s'intéresse à Sayuri et s’interpose entre eux. Il faudra que survienne la déroute japonaise de la Seconde Guerre mondiale entraînant la fin de traditions séculaires pour que Sayuri et le président puissent enfin se rejoindre.



Chronique d'Aurélie


Un beau film, que j'avais déjà vu il y a quelques années, et beaucoup aimé déjà, mais je l'avais visionné en français (je me remets à jour dans mes films pour goûter au "vrai" ^^) et je ne m'en souvenais plus guère. Le revoir ne m'a pas déçue.

C'est un film dur, qui se déroule dans un monde sans pitié. Deux fillettes sont vendues par leur père qui tente de sauver leur mère malade en achetant des médicaments avec de l'argent qu'il n'a pas. Toutes les deux seront amenées dans des okiya (ou maisons de geishas) pour y être formées. Chiyo, séparée de sa soeur, traversera les pires moments de sa vie, jusqu'à une rencontre, moment heureux et hors du temps, qui bouleversera son existence. C'est décidé: Chiyo sera une des plus grandes geishas ayant jamais existé.

Entre la magie des dessous d'une féminité contrainte mais sensuelle et la dureté d'un monde sans pitié, on entre dans l'univers des geishas et du Japon de la seconde guerre mondiale émerveillés et choqués à la fois. On n'envie pas Chiyo (futurement Sayuri), non... Mais on ne peut s'empêcher d'encourager ses efforts, tout en tentant de lui souffler qu'on la leurre, qu'on ne lui a pas tout dit... Car Chiyo, pure et volontaire, va découvrir peu à peu les tentants et aboutissants de la fonction de geisha...

Mais qu'est-ce qu'une geisha? Communément, dans notre société inculte, on confond les geishas avec des prostituées. En fait, c'est beaucoup plus complexe que cela. D'abord, le terme "geisha" signifie "artiste". Et c'est avant tout ce qu'est une geisha: une artiste, danseuse, musicienne, maitrisant des arts nombreux, et parmi eux celui de la conversation... et celui de la séduction, certes. "Etre capable d'arrêter un homme d'un simple regard". Mais la geisha n'est pas celle qui prête son corps à toutes les fantaisies de tous les hommes de passage, en fait. Pour devenir geisha, la "maiko" (ou apprentie) doit d'ailleurs souvent être vierge, afin de trouver un "danna" (patron) qui subviendra à ses besoins et sera celui qui possédera le corps de la geisha. En tous les cas, le "danna" est un élément clef de la vie des geishas, puisqu'il est le patron et donc leur fournit des revenus, qu'elles soient indépendantes ou dépendantes d'un okiya. La geisha doit se montrer discrète dans toute forme de relation suivie (sous-entendue sexuelle, principalement) avec un homme, elle n'est donc pas censée se comporter en prostituée, sous peine de porter le déshonneur sur l'okiya. Si elle se marie, elle arrête sa profession.

On est loin du cliché de la geisha telle que vue par l'Occidental du haut de ses gros sabots. L'univers des geishas est très bien retranscrit dans ce film, l'ambiance, les codes, tout y est, à la fois compréhensible (car c'est un univers très complexe) et réaliste.

Enfin, c'est une belle histoire de femme, une femme volontaire, déterminée, capable d'arriver à ses buts, quels qu'ils soient. Une femme qui prouve qu'elle peut partir de bas et arriver là où elle le souhaite. Une femme qui, peu à peu, prend conscience des manipulations du système et ne se laisse pas faire. Une femme qui brave le code des geishas (ne pas tomber amoureuse) et se battra pour obtenir le droit au bonheur.

Finissons avec quelques citations toutes de douceur, de poésie et de sagesse, piochée au fil de ce film délicat et profond, à découvrir si ce n'est déjà fait:

"In that moment, I changed from a girl facing nothing but emptiness, to someone with purpose. I saw that to be a geisha could be a stepping stone to something else... a place in his world."

"At the temple, there is a poem called "Loss" carved into the stone. It has three words, but the poet has scratched them out. You cannot read Loss, only feel it."

"Water is powerful. It can wash away earth, put out fire, and even destroy iron."

"Remember, Chiyo, geisha are not courtesans. And we are not wives. We sell our skills, not our bodies. We create another secret world, a place only of beauty. The very word "geisha" means artist and to be a geisha is to be judged as a moving work of art."

"She paints her face to hide her face. Her eyes are deep water. It is not for Geisha to want. It is not for geisha to feel. Geisha is an artist of the floating world. She dances, she sings. She entertains you, whatever you want. The rest is shadows, the rest is secret."

"You cannot say to the sun, "More sun." Or to the rain, "Less rain." To a man, geisha can only be half a wife. We are the wives of nightfall. And yet, to learn kindness after so much unkindness, to understand that a little girl with more courage than she knew, would find her prayers were answered, can that not be called happiness? After all these are not the memoirs of an empress, nor of a queen. These are memoirs of another kind."

(je peux vous faire la traduction si vous voulez... ou alors regardez le film! ;-) )

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