jeudi 28 septembre 2017

[Chronique] Zenlia 1 - Marine Stengel

 Zenlia, tome 1: l'Arbre d'Or- Marine Stengel











Titre: Zenlia, tome 1: l'Arbre d'Or
Auteure: Marine Stengel
Auto-Édition
Genre: fantasy




SERVICE PRESSE


Résumé:


Les mondes des elfes blancs et argents sont des lieux paisibles et fantastiques où la magie règne en maîtresse des lieux. Les royaumes d’Elbereth et de Dorenthee sont en harmonie et le peuple mange à sa faim sous les règnes des rois Kendrar et Lileth qui voient leurs enfants destinés à poursuivre cette ère de paix et de prospérité.

Zenlia est la princesse des royaumes du sud. Ewen, l’héritier d’Elbereth. Ensemble ils ont de grands projets en ce qui concerne l’avenir de leurs terres qu’ils se sont juré de protéger et défendre au péril de leurs vies. Cependant, les elfes noirs, des êtres sanguinaires et sans âme, livrent toujours une bataille acharnée près des Terres Sauvages, dans le but de s’approprier la magie de leurs ennemis. Les frontières entre les mondes n'ont jamais été aussi fragiles.


Biographie de l'auteure:


Née en 1992 dans le sud de la France, ce n’est qu’en 2014 que Marine commence l’écriture de son premier roman, une fois expatriée en Espagne. Bercée par les « Harry Potter » dès leur sortie et par les romans de J.R.R. Tolkien plus tardivement, elle s’essaie aux lectures de l’imaginaire et entame divers projets dans le but de partager ses écrits avec ses futurs lecteurs. Son imagination est sa meilleure arme, et ses mondes et univers sont devenus une passion qu’elle continue de travailler tous les jours.

Son premier roman « Zenlia » est un premier tome d’une longue série Fantasy qui narre les aventures de races elfiques qu’elle a elle-même créées.




Chronique d'Aurélie

J’avais lu le prologue de Zenlia il y a quelques mois, Marine m’avait demandé d’y jeter un œil, et j’avais adoré l’univers qui y était esquissé et les personnages qu’on y découvrait. Un monde d’elfes (ou des mondes, devrais-je dire !), à la fois merveilleux et original. Suite à ce prologue prometteur, lorsque Marine a publié son roman, elle me l’a offert, et j’en ai été très touchée, pour tout dire ! :-) Mes lectures sans fin du moment ne m’ont pas permis de le découvrir alors, mais je crois qu’il y a certains romans qui doivent être lus à des moments spéciaux…

Et voilà chose faite, j’ai été embarquée dans cet univers tout en demi-teinte, surprenant, où les elfes boivent de l’alcool et ont de la barbe, chose qui m’a beaucoup amusée. J’adore le cliché de l’elfe grand, beau, imberbe, hautain et parfait, vraiment, mais j’ai beaucoup accroché avec ces personnages peu banals qui nous proposent une image très différente de l’habituel stéréotype.

Ici, plusieurs races d’elfes sont évoquées (et j’ai cru comprendre qu’il en existe d’autres, encore), et toutes sont originales. Elfes blancs et elfes d’argent seront dans ce premier tome de Zenlia nos protagonistes principaux (et la couleur qui les définit n’a rien à voir avec une couleur de peau !), mais on y découvrira d’autres races, et notamment les elfes noirs… qui ma foi m’ont fascinée. Enfin, surtout deux d’entre eux… dont je vous parlerai un peu plus tard.

Ce qui constitue la principale originalité de cet univers, ce sont les portails qui permettent de passer d’un monde à l’autre. Les royaumes sont en fait des mondes en soi, que l’on ne peut gagner qu’en franchissant des portails. Avec l’aide des cartes du début et les belles descriptions de Marine, ou bien les souvenirs de Zenlia, nous découvrons donc ici Elbereth, royaume des elfes blancs, d’où la Magie a été bannie suite à une histoire bien triste, Dorenthee, royaume des elfes d’argent, les Terres Sauvages, monde dans lequel évoluent les terribles elfes noirs, vampires dangereux, puissants et profondément détestables, les Monts d’Or, qui sont le lieu où se prépare une grande guerre entre les elfes noirs et le reste des royaumes, la Brume, qui restent pour l’instant mystérieuses mais semblent être une sorte de terre d’asile pour les elfes souhaitant se retirer du monde, et enfin les Landes, dont on ignore également beaucoup de choses (et qui m’intriguent énormément !). Je parle ici des principaux, il y en a d’autres, cette liste n’est donc pas exhaustive, loin de là.

Presque dès le départ, avec l’évocation de l’Arbre d’Or qui trône dans une des salles du palais du roi Kendrar, à Elbereth, on découvre que la situation est critique : les elfes noirs ont empoisonné la reine des elfes blancs, Kendrar est devenu à moitié fou et a banni la Magie, la guerre est en marche. Les pertes parmi les elfes blancs sont importantes, mais le roi hésite à vraiment riposter…

L’idée de cet arbre d’Or qui perd ses feuilles à chaque elfe mourant est tout simplement géniale. J’en ai adoré le concept ! La Magie, dans cet univers, est à la fois semblable et différente des autres romans de fantasy. Le kya, comme elle est appelée, est plus qu’un don ou un assemblage de sortilèges appris. Certes, les elfes peuvent pratiquer la magie comme on l’entend habituellement, balancer des boules de feu sur leurs ennemis, des convivialités de ce genre, mais le kya dépasse complètement ce cadre-là. C’est comme une force vitale qui, si elle est contenue, amoindrit son possesseur. Amoindrit l’univers tout entier autour de lui, en fait. C’est une énergie qui fait partie d’un grand tout et qui, si elle peut être mal utilisée, fait partie intégrante de chaque elfe. A priori tous les elfes ne sont pas magiciens, de ce que j’ai compris, ce qui n’est pas très détaillé dans ce tome à cause de l’interdiction de pratiquer la Magie à Elbereth, du coup pour l’instant je me demande vraiment comment cela va se développer ensuite, mais une chose est sûre : le kya est présent en chaque elfe. Plus ou moins puissant et développé, évidemment.

Le concept du kya et celui des univers connectés par des portails ne sont pas les seuls intérêts majeurs de ce roman. Les personnages, dans Zenlia, sont doués de caractères forts, qui nous attachent ou nous repoussent. Vraiment travaillés, avec des back grounds qui se développent petit à petit au cours de l’histoire, ils donnent un vrai plus à l’histoire. Je vais vous en parler un peu plus amplement, ils méritent d’être détaillés !

Zenlia : évidemment l’héroïne principale de ce roman, même si elle n’est pas la seule et que le point de vue du récit n’est pas intégralement vu par ses yeux. Zenlia est, au début, la princesse du royaume de Dorenthee, une elfe d’argent, donc. Suite au départ de ses parents pour la Brume, elle devient la reine de Dorenthee. Profondément amoureuse d’Ewen, l’héritier d’Elbereth (royaume dans lequel elle a partiellement grandi), elle est synchronisée avec lui. C’est un concept très intéressant que cette synchronisation qui fait battre deux cœurs à l’unisson pour l’éternité. L’Amour avec un grand A, celui qu’on ne peut briser, est ainsi décrit comme une sorte de lien magique indénouable. J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, et l’amour de Zenlia et Ewen est vraiment touchant, pur, et juste. Zenlia est une jeune elfe (enfin, jeune, tout est relatif dans cet univers où un elfe de 300 ans est considéré comme étant encore un enfant ;-) ) pleine de courage, de fougue et d’indépendance. Éprise de liberté, elle possède aussi une intelligence aiguisée, qui fait d’elle une dirigeante incroyable et très aimée, une cheffe de guerre redoutable, également. Taquine, elle n’apprécie pourtant pas les poids qui pèsent sur ses épaules, et si elle sait se montrer grave et sérieuse, elle aime par-dessous tout la légèreté. Comme ces moments d’intimité partagés avec Ewen, et sa pratique de la Magie, qu’elle prend très au sérieux, mais qui est aussi un peu son échappatoire. J’ai adoré ce personnage. Elle est un bel exemple de pureté et de persévérance, et est prête à tous les sacrifices pour sauver ceux qu’elle aime, même… les pires. (J’envoie un regard de reproche à Marine, qui comprendra.)

Ewen : Encore un personnage que j’apprécie énormément ! Ewen est, donc, le prince héritier des elfes blancs d’Elbereth. Il est tout sauf le prince idéal. Il est impulsif, joueur, vibrant de vie, trop pour ne pas être un brin colérique. Il n’aime pas obéir aux ordres et n’en fait qu’à sa tête. Il n’a pas la moindre envie de prendre la place de son père un jour prochain, et rêve d’épouser Zenlia. Plus par amour que pour sceller une alliance entre leurs deux royaumes… C’est un guerrier hors pair, et il est capable d’un immense sérieux quand on s’en prend aux siens. Son petit côté « je suis furax  et je ne réfléchis pas à mes paroles et actions » m’a beaucoup plu ! Le pauvre, aussi, il faut le dire, Marine lui en fait vivre de toutes les couleurs, et… c’est horrible. Ah ces auteurs sadiques. Toujours à torturer nos petits cœurs de lecteurs…

Kendrar : le roi des elfes blancs. Je ne sais pas pourquoi… (ok, si, je sais très bien pourquoi !) mais je l’ai détesté. Durant tout ce premier tome j’ai espéré que Marine nous le fasse mourir !! Kendrar a perdu sa femme suite à un empoisonnement orchestré par les elfes noirs, et il est devenu à moitié fou. Bon, on est d’accord, c’est pas joyeux, mais du coup, il ne fait que des bêtises. Interdire la magie sur ces terres, notamment. Et je ne vous parle pas de sa plus grosse idiotie à mes yeux, sous peine de vous dévoiler un spoiler monstrueux, qui m’a choquée ! La quasi-totalité de ses décisions sont égoïstes et insensées. Moi je rêvais de le voir partir pour la Brume, laisser sa place à son fils, qui est bien plus apte à diriger le royaume, mais au lieu de ça, il nous enquiquine tout au long de ce premier tome ! ;-) C’est le méchant pas méchant par excellence, celui qui est du côté des gentils mais est vraiment détestable et met sans le vouloir des bâtons dans les roues de tout le monde…

Jaimyr I : le roi des elfes noirs. Le gros boss de fin qu’il faudra massacrer si l’on veut que les autres races d’elfes survivent. Et ce n’est pas gagné, vu la puissance et l’intelligence de ce monstre à l’âme obscure…

Kalahar : mon cher Kalahar ! Sans doute le personnage que j’ai le plus aimé de ce tome ! C’est le prince héritier des elfes noirs, mais son père ne le croit pas taillé pour la guerre et la violence. Quand on voit la psychologie de ce personnage, on se demande ce que ça signifie pour Jaimyr I : « Kalahar, sous ses airs de prince ténébreux n’était pas fait pour la violence gratuite». On ne doit pas avoir la même notion de la violence, lui et moi, je pense… Au passage, j’adore cette description posée en quelques mots… Kalahar est un personnage complexe. Puissant, il fait tout pour satisfaire son père, agir en digne héritier, se montrer à la hauteur, mais au fond, ne se sent-il pas enfermé dans ce jeu de pouvoirs qui lui fait porter un poids immense ? Que lui faudra-t-il pour réaliser qui il est vraiment ? On se le demande… et on attend, dès le début, l’évènement qui pourrait faire basculer son destin. Pour moi, Kalahar est le personnage le plus creusé par Marine. J’ai vraiment apprécié toutes les facettes qu’il montre au cours de ce tome, aussi bien les plus sombres que les plus… inattendues. Un personnage torturé comme je les aime.

Kraken : le cousin de Kalahar, un autre elfe noir, donc. J’ai énormément apprécié ce personnage également, je salue sa folie et sa cruauté ! C’est l’une des créatures les plus sombres de ce tome, et il est détestable à souhait, mais on ne peut pas s’empêcher de l’aimer, en fait ! Parce qu’il est entier, et parce qu’il cache ses émotions à fleur de peau sous un masque de sarcasme, de provocation et de violence. Clairement, un personnage que je qualifierais de « cool », pour autant qu’un elfe noir puisse être cool. ;-)

Il y a encore bien d’autres personnages dans ce roman, certains mériteraient sans doute une analyse, mais ceux que je viens de décrire son ceux qui m’ont le plus marquée. Pour en découvrir d’autres, je ne saurais que vous conseiller de lire ce très bon premier tome, original et très agréable à lire, qui m’a scotchée à ma liseuse pendant ces trois derniers jours !!


Points positifs : un univers vraiment original ! Des elfes qui sortent de l’ordinaire. Un scénario bien ficelé. Des descriptions féeriques. Des personnages attachants.

Points négatifs : pas trouvés. Ah, si. Je déteste Kendrar, je l’ai déjà dit ? O:)

Note: 4/5 

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