samedi 16 septembre 2017

[Chronique] Unité K9 - Eva Justine

 Unité K9 - Eva Justine


















Titre: Unité K9
Auteure: Eva Justine
Auto-Édition
Genre: romance M/M, érotisme


SERVICE PRESSE


Résumé:



Placé depuis sa petite enfance dans des familles d’accueil, Tiago est une tête brûlée. À quelques jours seulement de sa majorité, alors qu’il fugue du foyer dans lequel il est placé, il rencontre sur sa route le marshal Grant. Grâce à lui, il découvrira l’entraide, l’amitié et ses premiers émois amoureux. Pourtant, malgré la main tendue, il s’enfuira à nouveau dès qu’il apprendra son surprenant secret.
Six ans plus tard, Tiago est désormais devenu un membre de l’unité K9. Avec son demi-loup Bud, il assure des missions anti-drogue couronnées de succès. Lorsqu’au hasard de l’une d’elles, les deux hommes se retrouveront face à face, tout ne se passera pas comme l’un et l’autre l’imaginaient, bien au contraire.


Biographie de l'auteure:


Avant de devenir auteure, Eva Justine était artiste peintre. Désormais, c’est sur des pages blanches qu’elle laisse libre cours à son imagination et prend plaisir à écrire des histoires sensuelles et sensibles. Chacun de ses romans est une invitation au voyage. Mariée, elle a deux fils et vit dans le sud-ouest de la France.


Chronique d'Aurélie

​​Tout d’abord, un immense merci à Eva Justine pour ce partenariat. J’ai pu lire Unité K9 en avant-première en me proposant en tant que bêta-lectrice, et ce fut une très belle aventure pour moi. En plus, Eva est une personne adorable, avec qui je prends plaisir à communiquer, une auteure très accessible !
Je vais tâcher de vous donner mon avis sans spoiler cette belle histoire, sachant que, vu la structure du récit, ce n’est pas une mince affaire ! Mais ce serait gâcher la magie et la surprise que de trop vous en dévoiler, alors je vais tenter de m’appliquer particulièrement ! ;-)

Unité K9 a été, pour moi, un merveilleux moment de lecture. L’écriture d’Eva, que j’ai découverte avec Otoko Geisha, est toujours aussi belle et déliée, fluide, parfois presque poétique, parfois aussi très directe. Ce roman est très moderne, et l’ambiance est parfaitement bien rendue, avec des personnages très réalistes, qui parlent et agissent comme vous et moi (enfin, dans le cas de Tiago, on y reviendra, peut-être pas tout à fait comme vous et moi ;-) ). Les caractères des héros et des protagonistes qui gravitent autour d’eux sont très creusés, ce qui donne à ce livre une réelle profondeur. Comme vous le savez, j’aime les romans dont les personnages semblent sortir des pages et prendre vie sous vos yeux. Eva a réussi ce pari, ses héros et leur entourage sont plus vrais que nature, et leurs personnalités très travaillées permettent de vraiment se plonger dans leur univers complètement, et avec plaisir. Leur langage actuel est un bon point supplémentaire : ici, pas de chichis. Les personnages parlent comme ils parleraient dans la vraie vie. Sans détour, parfois avec vulgarité, comme de vraies personnes, quoi. Ce qui donne parfois lieu à des répliques à mourir de rire, surtout quand Tiago ouvre la bouche… (il m’a même donné une super astuce pour me débarrasser des publicitaires téléphoniques en un temps record ;-) ).

Je ne vais pas vous faire le point sur tous les personnages, car je risquerais de vous dévoiler des informations classées top secret si je le faisais. Je ne peux m’empêcher cependant de vous faire part de l’immense affection que j’ai ressentie pour Chris, qui s’occupe du refuge dans lequel il prend en charge les chiens abandonnés, ou de l’amusement que j’ai eue à chaque apparition de Marvin, le procureur général. Ou encore de la grande tendresse que m’a inspirée Emi. Sans parler de Miss et surtout de Bud, le chien loup, deux héros atypiques qui sont aussi présents que bienvenus ! Je ne vous en dis pas plus sur eux, mais sachez que vous prendrez sans doute énormément de plaisir à les découvrir, comme moi !

 Par contre, je vais tâcher de vous décrire un peu nos deux héros, Lukas, et Tiago, qui méritent bien quelques lignes à leur sujet, tant ils m’ont touchée et fait vibrer.

Lukas Grant est un marshal, si je ne m’abuse l’équivalent américain d’un maréchal de police. Beau comme un dieu, il semble être l'homme parfait. Gentil, doux, attentionné, il sait pourtant aussi se montrer passionné et, en situation, autoritaire (encore que, ça dépend avec qui, on va dire…). Il est très concerné par le bien-être des autres, et adore les animaux. Je vous ai dit qu’Unité K9 évoquait énormément le thème des animaux ? Non ? Eh bien, c’est pourtant un gros plus de ce roman. Le rapport des personnages aux animaux est très fort, et la place de nos compagnons les plus fidèles est très importante dans ce livre. Avec beaucoup de réflexions sur l’abandon, notamment, mais aussi sur la loyauté unique et l’affection immense de nos compagnons à quatre pattes envers nous autres humains qui ne les traitons en retour pas toujours très bien… Mais revenons-en à Lukas. Notre marshal est l’un des rares gays de la petite ville de Green River, cité qui, pourtant, accepte la communauté gay sans encombre ni éclat. Une ville à dimension familiale, où il fait bon vivre, même quand on est « différent ». Lukas est aussi, sans doute, l’homme le plus charismatique et le plus séduisant de tout Green River. Pourtant, étonnamment, il semble vivre seul dans son ranch et n’avoir pas rencontré l’amour… A moins qu’il cache d’étranges secrets, comme cette porte fermée à clef derrière laquelle on se demande un moment ce qui peut bien se dissimuler ?

Tiago Cartright, lui, est un peu l’opposé de Lukas, à part en ce qui concerne les attributs physiques, puisqu’il est aussi beau et sexy que Lukas, quoique très différemment. Tiago est de loin mon personnage préféré, et je dois dire que ce n’est pas valable que pour Unité K9 : c’est, pour moi, un personnage coup de cœur. Tiago est un sauvage. Un « loup », mais celui solitaire, qui a été chassé de la meute, d’une certaine manière, et a appris à se débrouiller seul toute sa vie durant. Issu de parents criminels qui purgent leur peine en prison, il a été baladé de familles d’accueil en foyers, et a appris à se renfermer à peu près totalement. Il dit les choses telles qu’il les pense, de manière cash et directe, sans engagement émotionnel. Pourtant, derrière sa froideur et sa neutralité, se cache une personnalité fougueuse, passionnée et volontaire. Pas aidé par la vie, à l’aube de l’âge adulte, il se retrouve face à deux choix : suivre la voie tracée par ses parents et tomber dans la délinquance, ou bien tenter de devenir « quelqu’un de bien ». Tiago, pour moi, a une âme pure et vibrante, teintée d’émotions nombreuses, qu’il tente de dissimuler derrière sa solitude, son caractère désagréable et sauvage, sans y arriver toujours tout à fait. Quelque part, peut-être sans le savoir, il ne demande qu’à trouver celui qui saura lui permettre d’être lui-même, et même, de se révéler à lui-même. Quelqu’un qui l’accepte, avec ses défauts, mais qui sache aussi valoriser ses énormes qualités. Et je ne parle pas que d’amour, ici. Niveau amitié, c’est un peu difficile aussi pour monsieur le sauvage. Il faut le dire, il n’est pas facile d’approche, et son comportement repousse à peu près tout le monde, sauf les filles et les gays. Parce qu’à un si beau mec, sincèrement, on peut tout pardonner, non ?

Ce roman est assez difficile à décrire, car il se déroule en deux temps. D’abord, nous découvrons Tiago adolescent, qui vient de fuguer du foyer où il venait d’arriver, à Green River. Je précise « sous la pluie », parce que c’est un élément… important, dirons-nous, de l’histoire. C’est au moins une source de plaisanteries qui m’ont beaucoup fait sourire. Tiago, disais-je, va, à ce moment-là, rencontrer Lukas, jeune homme trop charmant qui lui offre soutien et amitié. Et, accessoirement, un toit au-dessus de sa tête. Evidemment, notre adolescent est rapidement plus que séduit par son nouvel ami… Cette partie-là du roman est douce, elle fleure la joie de vivre, du moins, assez rapidement. Tout semble possible, et l’existence semble plutôt simple, même si le futur est toujours couvert d’incertitudes… Et puis tout bascule avec la fuite de Tiago suite à la découverte d’un élément concernant Lukas qui va complètement bouleverser son univers. Et c’est là que démarre le second temps de ce récit : nous retrouvons nos deux héros six ans plus tard. Se retrouvant face à face, ils vont devoir reprendre leurs marques et tenter de comprendre les choix de chacun d’eux, les mystères qui planent sur leurs existences, également… Le tout en prenant en compte le caractère orageux et taciturne d’un Tiago qui a bien changé et qui, s’il est devenu plus sauvage que jamais, est aussi devenu l’homme le plus séduisant qu’ait jamais rencontré Lukas…

La tension de ce récit est presque constante, même si elle alterne avec des passages drôles, ou tendres. Entre les missions des deux policiers, leurs nœuds émotionnels et affectifs, les conversations entrecoupées, les non-dits, Lukas et Tiago se cherchent, mais il leur semble bien difficile de se trouver vraiment. Avec le « putain de karma » de Tiago, en plus, ils ne sont pas au bout de leurs difficultés. Rajoutez à cela un entourage parfois très envahissant, un métier difficile et très prenant, et des chiens qui leur servent parfois de bouclier émotionnel, et vous aurez une petite idée de la façon très bien menée qu’a Eva de gérer cette histoire remplie de rebondissements. Il y a de l’action, il y a de l’humour, il y a du tragique et de la souffrance, mais aussi, bien sûr, une immense dose de passion, sans parler des scènes érotiques, qui sont à tomber.

On aborde de nombreux sujets très actuels, dans ce roman. Certains, malgré leur place capitale dans l’intrigue, ne sont que survolés (la drogue, le terrorisme), d’autres sont bien approfondis. Que ce soit, comme on l’a vu plus haut, le sujet de la détresse et de l’abandon animal, qui est un des thèmes centraux de l’histoire, ou bien la difficulté des enfants sans parents et qui n’ont pourtant pas la chance de vivre une adoption heureuse et encaissent des situations qu’aucun enfant ne devrait avoir à traverser… Il y a un beau parallèle entre l’homme et l’animal, ici. Les chiens abandonnés sont un peu le reflet de ce qu’a vécu Tiago, traîné un peu partout dans le pays, sans amour et affection. Les laissés pour compte, comme Bud, le demi-loup qui semble si effrayant, c’est son rayon aussi.

Toujours est-il que Unité K9 n’est pas un roman léger, même s’il est très loin d’être sombre pour autant. C’est une belle histoire remplie de difficultés, mais aussi, d’espoirs. Pour moi, c’est une très belle découverte, que je vous conseille avec autant d’enthousiasme que d’assurance : ce n’est définitivement pas un roman que vous regretterez d’avoir découvert ! En plus, dernier point très positif que je décrirai ici, c’est un livre plutôt long, qui permet vraiment de prendre le temps de se plonger dans l’histoire (remarquez, dès le premier chapitre j’étais déjà dans l’histoire, ceci dit !) et d’en profiter le plus longtemps possible. Enfin, si on ne prend pas en compte son haut degré d’additivité qui fait que, de toute manière, je l’ai dévoré en à peine plus d’une journée… Ça n’a pas été une journée très constructive sur toutes les choses de la vie quotidienne, mais ça n’a été que du bonheur !


Points positifs : une belle plume, à la fois très travaillée et très moderne ; des personnages très attractifs (particulièrement Tiago !) ; une belle pression scénaristique tout du long du roman ; un très bon équilibre entre action, amour, tension et tendresse, avec une pointe d’humour très bienvenue !
Points négatifs : pas trouvés
Note: 4,6/5 


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