dimanche 24 septembre 2017

[Chronique] Les Mémoires de Vanitas - Jun Mochizuki

Les Mémoires de Vanitas - Jun Mochizuki





Titre: Les Mémoires de Vanitas
Auteure: Jun Mochizuki
Éditions Ki-oon
Genre: manga - shonen
Âge: 14+
2 tomes sortis, série en cours




Résumé:


Fin du XIXe siècle. Paris est en plein émoi à la suite d’attaques répétées de vampires. Pourtant, la règle d’or de leur communauté est de ne pas s’en prendre aux humains ! Un mal mystérieux semble ronger ces créatures immortelles…

C’est en cette période troublée que Noé arrive dans la capitale. Né suceur de sang, il suit la trace du grimoire de Vanitas, artefact légendaire craint de tous les vampires. On dit qu’il permet à son détenteur d’interférer avec ce qu’il y a de plus sacré pour eux : le nom véritable, symbole même de leur vie. Le modifier peut les rendre fous, voire les anéantir…

À bord de l’énorme vaisseau flottant sur lequel il a embarqué, Noé fait la connaissance d’Amélia. Alors qu’il l’aide à se remettre d’un malaise, tout s’emballe : elle perd la tête et révèle sa nature de vampire devant les passagers ! C’est alors qu’entre en scène un mystérieux assaillant, se présentant comme… Vanitas ! Devant un Noé bouche bée, il dégaine le fameux grimoire et apaise l’accès de folie de la jeune femme. L’artefact ne serait donc pas qu’une arme mortelle ? Vanitas, héritier du nom et du pouvoir du créateur du livre, a une mission : sauver les vampires de la malédiction qui pèse sur eux !


Biographie de l'auteure:


Jun Mochizuki (望月・淳, Mochizuki Jun), née un 22 décembre à Kanagawa au Japon, est une mangaka japonaise, principalement connue pour être l'auteur du shōnen manga Pandora Hearts.
Sa première œuvre est un one shot intitulé Pandora Hearts, première version de sa future série, publié par Square Enix1. Elle écrit ensuite Crimson-Shell en 2005, un manga court. Entre 2006 et 2015, elle écrit sa première série, Pandora Hearts, qui comporte un total de 24 tomes. Depuis 2015, elle écrit la série Vanitas no Shuki.





Chronique d'Aurélie


Je ne peux pas ne pas commencer ma chronique par mon admiration totale pour cette couverture. Je pense que c’est pour moi le plus gros coup de cœur pour une illustration de couverture. Rien qu’à la découvrir, je n’ai eu qu’une seule envie : plonger dans ce manga. En plus, le manga est édité dans un papier style recyclé, avec une couverture mate et pas glacée qui en fait un petit bijou tout à fait dans l'ambiance de l'histoire.

Je connaissais déjà le style de dessins et d’histoire de Jun Mochizuki pour avoir lu le premier tome de Pandora Hearts, qui est d’ailleurs l’un des prochains mangas à continuer sur ma liste. Lorsqu’on m’a conseillé Les Mémoires de Vanitas, en me précisant qu’il s’agissait d’une série parlant de vampires dans un univers steampunk, forcément, j’ai été intriguée. Après avoir découvert l’illustration ci-dessus, j’ai sauté dans l’aventure. J’ai eu la chance de découvrir ce manga en « avant-première », d’abord sur les sites de traduction en anglais, puis à l’achat du tome 1, toujours en anglais, que j’ai dévoré à nouveau. La deuxième lecture m’a même encore plus plu que la première, alors je vous le dis, attention danger, il s’agit d’un manga addictif.

L’histoire démarre sur Noé, l’un des deux héros de l’histoire (peut-être LE héros comme l’indique le résumé, seulement voilà, j’aime tellement Vanitas que je les considère tous deux à égalité et, comme vous allez le voir plus bas, comme indissociables l’un de l’autre). On apprend rapidement que Noé est un vampire, et qu’il voyage en dirigeable (magnifique plan du dirigeable à la fin du tome 1, d’ailleurs, au passage !) en direction de Paris, pour y chercher le fameux et légendaire « livre de Vanitas », sur le conseil de son maître (ou tuteur). Vanitas est un ancien vampire qui a posé la malédiction de la « lune bleue » sur les ceux de sa race. Ce sortilège, on va le découvrir, fait perdre l’esprit à ceux qui se sont fait dérober leur nom. Nous allons en reparler ensuite, c’est l’élément principal de l’histoire pour l’instant. Quant au fameux livre de Vanitas, il aurait le pouvoir, dit-on, de tuer n’importe quel vampire.

Voici donc Noé, qui n’a jamais vécu en ville et est à moitié un sauvageon très peu préparé aux intrigues de cette très grande cité, se retrouve en route pour Paris. Mais son voyage commence de la manière la plus étrange qui soit, puisque, sur le dirigeable, il rencontre Mademoiselle Amelia. Une jeune femme qui affirme se rendre à Paris pour aller rencontrer son « médecin », et qui s’avère en effet être une « malnommen » (je ne sais pas comment cela sera traduit en français), à savoir, une vampire dont le nom a été dérobé. Que l’on comprenne bien une chose, dans cet univers, les vampires ont signé une paix avec les humains, ils sont libres de vivre et d’agir à leur guise… à condition de ne pas se nourrir sur les humains et évidemment de ne pas les attaquer. Alors évidemment, quand Mademoiselle Amelia est prise d’une crise de folie et tente d’attaquer tout le monde, la situation devient critique… C’est alors qu’apparaissent deux hommes (en crevant le plafond de verre du dirigeable, s’il vous plait !), dont l’un d’eux qui clame de nommer Vanitas, sort un grimoire qui ressemble parfaitement au fameux livre de Vanitas et soigne la jeune vampire en ouvrant le livre… Noé, stupéfié, ne sait plus quoi penser, mais une chose est sûre : il a retrouvé le livre de Vanitas et doit à présent en découvrir les secrets…
Evidemment, des milliers de questions se bousculent autant à l’esprit de Noé qu’au nôtre : le livre, après tout, était censé être un artefact dangereux, voire mortel pour les vampires. Alors comment se fait-il que Vanitas, apparemment descendant de la lignée du vampire de la lune bleue mais pourtant humain, clame être capable de guérir les malnommens et, plus encore, affirme qu’il s’agit-là de sa mission, pour réparer les erreurs de son ancêtre ? Qui est ce Vanitas, si mystérieux, souriant et désinvolte, qui se croit investi d’une si dangereuse et si importante mission ? De quoi est capable ce grimoire qui ne semble répondre qu’à Vanitas ? Et qui sont les malnommens, comment se voient-ils dépossédés de leur nom ?

Tout nous pousse vers la piste de « Charlatan ». Une ombre, un mystère, qui s’écarte à peine au son d’une musique de carnaval et de visions de personnes masquées, aux sourires angoissants. Charlatan, qui serait la cause du chaos qui règne parmi les vampires…  Quand Noé, grâce à son don de naissance, celui qui lui a été donné en tant que dernier descendant des « archivistes » (dont on sait pour l’instant peu de choses, mais je suis vraiment intriguée, envie d’en découvrir davantage !), boit le sang d’Amélia pour se projeter dans son esprit et y découvrir des traces de ce fameux Charlatan, il prend peur… l’aventure prend des tours sombres et bien inquiétants, pour lui, mais il est bien décidé à en apprendre davantage sur ce monstre, ainsi que sur le livre de Vanitas.

La relation Noé/Vanitas est très complexe :
Vanitas est envahissant au possible, désinvolte, et il semble complètement inconscient. Il a des tendances à traiter les autres avec insouciance, et à se servir d’eux, mais c’est visiblement un homme bon, qui lutte pour rétablir l’équilibre d’un monde qui sombre dans le chaos. Sa jovialité est un vrai plus dans l’histoire, personnellement j’ai énormément accroché à ce personnage très décalé et rempli d’humour, qui se fond parfaitement dans la beauté et la complexité de cet univers steampunk. C’est la touche de gaieté dans une intrigue sombre, profonde, sérieuse et violente. J’adore son style, sa coupe de cheveux, sa boucle d’oreille en forme de sablier, ses vêtements très classes… qui se marient parfaitement avec son livre, toujours accroché à lui par une chaine. Vanitas est aussi vraiment mystérieux, et si l’on en apprend davantage sur lui à chaque chapitre, on ne sait pas tant de choses que cela sur lui, d’autant qu’il a de nettes tendances à tout prendre avec humour et à faire des scènes théâtrales qui ne sont que du flan. Dans son apparence, ses paroles, ses assertions, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Difficile à dire… Même son amour pour Jeanne est questionnant, puisqu’il le vit comme un coup de foudre très soudain, mais avec une légèreté désarçonnante.

Noé, de son côté, est plutôt du genre réservé, profondément candide malgré son passé vraiment difficile, qu’on découvre avec autant d’intérêt que de tristesse. Son histoire est juste bouleversante. C’est un personnage adorable, qui m’a tout de suite plu, par son côté posé et bienveillant, sa spontanéité, son désir d’aider l’autre. Il est aussi extrêmement puissant, et possède, comme je l’ai dit plus tôt, le pouvoir de lire dans les souvenirs des autres, à condition de boire leur sang. C’est un être pur, ce Noé, qui obtient immédiatement la sympathie du lecteur, et aussi celle de Vanitas, d’ailleurs… Vanitas, que Noé trouve plus que collant, mais dont il va pourtant, peu à peu, se faire un allié. Au début intéressé par l’idée de sauver Mademoiselle Amélia, puis par l’idée de découvrir les secrets du grimoire, et enfin, parce qu’il comprend que la mission de Vanitas est primordiale, et qu’il veut y participer. Sa relation avec ce dernier sera faite de hauts et de bas, avec beaucoup d’humour qui vient ponctuer la noirceur de l’intrigue, la violence (pas « too much » du tout, cependant) de l’histoire, la tourmente des esprits torturés qui tissent la toile de fond de ce manga.

Il y a toute une foule d’autres personnages plus ou moins importants qui apparaissent au fil des pages.

D’abord, mention spéciale à Murr. Le chat de Noé. Il est juste trop mignon !! Tout le temps oublié puis retrouvé par son maître, il semble aussi stoïque qu’exaspéré, et franchement… on pourrait dire que ce n’est qu’un chat, et qu’en plus, il n’est pas si présent que ça, mais j’estime c’est un personnage incontournable du manga, et c’en est très certainement le plus adorable !
Gros coup de cœur pour Dominique de Sade (déjà rien que son nom m’a fait rire !! :-) Sans compter qu’elle est splendide, que ses vêtements sont magnifiques, et qu’elle a un caractère bien trempé vraiment appréciable !), l’amie d’enfance de Noé, qui éprouve clairement pour lui un profond amour… dont on ignore s’il est réciproque. Disons que c’est compliqué. Si Noé parait simple au premier abord, il reste un personnage tourmenté, qu’on apprend à connaitre peu à peu. Personnellement, là où j’en suis de l’histoire, je me demande s’il n’éprouve pas un petit quelque chose pour Vanitas, même s’il ne s’agit pas d’un yaoi. Leur relation actuelle, son comportement, sont assez trouble pour qu’on s’interroge à ce sujet, de la même manière qu’on se demande quels sont les réels sentiments qui lient Dominique et Noé.

Une mention spéciale pour le duo Jeanne (« le bourreau » comme elle est souvent nommée) et Maître Lucas (un gamin plein de bon sens et de sagesse). Deux personnages qui se développent peu à peu et m’intriguent énormément, autant qu’ils me plaisent. Ils possèdent tous les deux un tempérament plutôt introverti, mais si Lucas est très calme et posé, Jeanne, elle, a de nettes tendances à perdre le contrôle pour se transformer en psychopathe. Heureusement qu’elle obéit à son maître, sinon, je crois que ça finirait mal… Remarquez, ça va peut-être mal se finir quand même, toute cette histoire.

Il resterait des milliers de choses à dire sur ce manga coup de cœur, sur l’univers sublime, l’intrigue si complexe mais si captivante, la magie de ces personnages touchants et captivants, mais le plus simple, c’est surtout… que vous le lisiez vous-même ! Alors, il n’est pas encore disponible en français, mais bonne nouvelle, il sortira le 6 Juillet chez Ki-oon. En attendant, si vous lisez l’anglais, vous pouvez déjà trouver le tome 1 sous le nom de « The Study Case of Vanitas », ou bien chapitre après chapitre en ebook sur amazon.



Points positifs : Splendides dessins. Un univers steampunk à couper le souffle. Une intrigue palpitante et bien menée. De l’humour bien dosé, qui met une touche de légèreté dans l’ambiance très sombre de ce manga. Des personnages terriblement attachants et intrigants !
Points négatifs : pas trouvés… à part qu’on veut à tout prix savoir la suite, et qu’il faut, hélas, patienter… :-(

Note: 4,7/5 

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