jeudi 14 septembre 2017

[Chronique] Les Chroniques de Ren, tome 1: Prisonnier - Faith Kean

 Les Chroniques de Ren, tome 1: Prisonnier - Faith Kean





Titre: Les Chroniques de Ren, tome 1: Prisonnier
Auteure: Faith Kean
Éditions MxM Bookmark
Genre: romance M/M, fantasy, bitlit


SERVICE PRESSE


Résumé:


Entre l’athlétisme, ses amis et ses parents, Ren avait une vie parfaite et il ne l’aurait changée pour rien au monde. Pourtant, le destin va se jouer de lui et ébranler ses certitudes.Arraché aux siens et vendu au mystérieux Maître des Jeux du Royaume d’Infeijin, Ren va découvrir un nouvel univers où le soleil n’existe pas, où les vampires règnent en maîtres, où les Lunes sont vénérées comme des dieux... et où être humain n’a rien d’une partie de plaisir.Loin de se soumettre à sa nouvelle condition, Ren va se battre pour conserver sa dignité et regagner sa liberté. Mais pour cela, il devra se confronter à un obstacle d’envergure : le prince héritier du Trône de Ferin.À la croisée des chemins, Ren devra pourtant faire un choix qui scellera à jamais le destin de ce monde.

Biographie de l'auteure:


Faith Kean est une documentaliste et une auteure fantasy. ... Férue de Fantasy et de Bit-Lit, elle a fait ses premières armes en tant qu'auteur en postant ses récits sur le site de lecture en ligne Fiction Press. "Prisonnier", le premier tome des "Chroniques de Ren", est son premier roman publié.





Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à MxM Bookmark pour ce service presse qui fut une vraie belle découverte… J’avais déjà été intriguée par ce roman, dont la couverture m’attirait, et dont on m’avait parlé en bien. J’ai sauté sur l’occasion de la sortie du tome 3 pour découvrir la série.

Je ne suis pas une abonnée de la littérature bitlit. Même si ces derniers temps, je découvre avec plaisir des romans de vampires ou de loups-garous, à la base, ce n’est pas mon genre de prédilection. Ce livre, pourtant, rassemble à lui tout seul tout ce que j’aime : une romance M/M bien ficelée, des créatures de magie, un univers fantasy unique en son genre et très original. Si l’on ajoute à ce tableau la plume de l’auteure, qui est très belle et très fluide, on ne peut qu’imaginer que ce roman ne pouvait que me plaire…

Ce livre est écrit au passé, mais à la première personne du singulier. Décidément, je découvre cette façon de faire, et j’y adhère. C’est le second roman que je vois concilier ces deux données (on a souvent du présent avec la première personne du singulier, ce que j’aime moins en général) et c’est un vrai bonheur de pouvoir suivre d’un point de vue complètement interne les pensées et événements depuis l’esprit tortueux d’un héros. J’ai plus de mal avec un point de vue omniscient, alors pour moi, plonger dans le monde intérieur de Ren a été un vrai bonheur.

Bon, parfois Ren se répète, par moments un poil trop, mais en même temps, on ne peut pas lui en vouloir, le pauvre, il ne cesse de vivre des tas de choses qui en auraient désarçonné ou bouleversé plus d’un ! C’est très agréable, en plus, d’avoir le droit de suivre les chemins tortueux de l’esprit d’un humain émotif, qui se prend la tête parfois sur des détails alors qu’il change de vie drastiquement. Comme il m’a fait rire quand il s’angoisse à l’idée qu’il y a six lunes dans le ciel plutôt que de craindre le lieu où il va ! C’est ce qui fait en partie le charme de Ren : il n’est pas du tout pragmatique ! Il ne réfléchit jamais avant de parler, et quand il réfléchit, on se demande où il va chercher ses idées, parce que franchement, il est parfois déconcertant dans sa démarche intérieure. En cela, on retrouve bien la jeunesse du héros, qui, à dix-huit ans, est encore un pied et demi dans l’adolescence.

Le personnage de Ren est complexe, mais il est extrêmement attachant. J’adore son côté rebelle. Quelle énergie ! Quelle force intérieure ! Pas étonnant qu’il arrive à tracer sa route dans ce monde de fous, face à des vampires puissants, âgés, qui traitent les humains comme des choses. Comment ne pas remarquer la petite créature si fragile, qu’on pourrait écraser d’un souffle, qui se débat sans cesse, refuse de renoncer, refuse de baisser le regard, de se taire ? Ren a du cran. Plus que ça, du courage, qui tient presque de la témérité. Il a été arraché à sa famille, à ses amis, kidnappé pour être vendu comme esclave et changer de monde, il a subi la violence et la cruauté de vampires qui le considéraient comme un jouet, a dû participer à une chasse à l’homme en tant que proie, et pourtant, il tient tête ! Comment voulez-vous que le prince Ryhaïgarhad ne le remarque pas ? Qu’il ne soit pas intrigué, touché, attiré par ce petit homme qu’aucun coup ne semble capable d’abattre ? De terrasser ? C’est donc un personnage dont on ne peut détourner le regard, qui attire notre attention, notre amitié, parce qu’il est à la fois si humain et si déterminé que c’en est sidérant. En plus, il est drôle. Il ne peut s’empêcher de sortir des conneries à tout bout de champ, et si je dis conneries, c’est bien parce que son langage est très loin d’être mâché. En bon ado, il s’exprime avec un vocabulaire déplorable et déplacé, ce qui lui vaut à la fois la colère, les réprimandes et l’amusement des personnages qu’il va rencontrer. Particulièrement du prince qui, vous l’avez compris, va tomber sous le charme de ce « simple » humain avant même qu’il ne l’ait réalisé (on le réalise bien avant lui, je crois !).

Ryhaïgarhad, alias Ryhad (non, Ren n’en a pas du tout rien à faire des protocoles et de la politesse que l’on doit à un fils de roi !) est tout aussi attachant que Ren, mais d’une manière tout à fait différente. J’ai flashé sur ce personnage, et pourtant il était mal parti. La première fois qu’on le découvre par le regard de Ren, on le perçoit comme un monstre cruel et sans pitié, colérique, mauvais et susceptible. Bon, il est colérique et susceptible, mais pour le reste, on repassera. Même si d’un côté, tous ces traits de caractère qu’on perçoit de lui sont vrais… pour les humains. Comme la plupart des vampires de son monde, Ryhad n’a aucune forme de compassion ou de bienveillance pour les humains, qui sont, à ses yeux, des esclaves et des sacs à nourriture, éventuellement, parfois, de petites choses amusantes. Des êtres soumis au pouvoir des vampires, si puissants, qui les écrasent de leur pouvoir et de leur force. Alors imaginez sa surprise quand un simple humain lui résiste, lui parle mal, le défie ! Curieux et possédant une belle âme, Ryhad va évidemment avoir envie de découvrir ce jeune homme si beau et si courageux qui ose lui tenir tête. Ryhad est un pilier. Un homme fort, puissant, parfois emporté, mais sur qui on peut compter. J’aime sa virilité et son sens du devoir, son fort désir de protéger les siens, Ren particulièrement, et aussi, d’un autre côté, la douceur dont il est capable, sa tendresse bien mal dissimulée, son grand cœur si délicat. Il est touchant, parce qu’il se cache derrière sa colère et son arrogance, alors qu’en fait c’est un romantique. Son inquiétude pour Ren, sa façon de veiller sur lui, de le vouloir sans cesse près de lui, de se préoccuper de lui, de le faire, même, passer avant son propre bien-être, est extrêmement émouvante.

Le duo Ren/Ryhad est un duo qui marche, un duo qui carbure, même. Ils sont drôles, ils se chamaillent, mais ils s’aiment, profondément. Très vite, ça se sent, quoi qu’ils en disent (ou n’en disent pas). On ne peut les imaginer l’un sans l’autre, et lorsqu’à plusieurs reprises ils sont séparés, un lien les relie, leurs pensées ne sont tournées que vers l’autre, comme  une obsession. Et pourtant, Ren en a des choses dans la tête, depuis qu’il est arrivé à Infeijin ! Entre les vampires qu’il ne comprend pas, une guerre à laquelle il est forcé de participer, les dieux qui semblent vouloir lui parler, le roi qui semble le détester et la cour qu’il devra affronter, les épreuves ne manquent pas sur son chemin. Autant dire qu’il n’a pas le temps de s’ennuyer ! Ce premier tome est énorme, mais si dense qu’on en prend plein la vue. On a un univers à découvrir, mais avec tout ce qui arrive à Ren, on plonge dedans sans hésitation, et ma foi, on le découvre à son rythme, parfois démentiel, parfois très lent (mais pas ennuyeux pour autant).

Je reviens, donc, sur cet univers, que l’auteure a su créer et rendre captivant. C’est un monde parallèle au nôtre, l’histoire démarre dans notre monde, à notre époque, ce qui crée un gros clivage entre le personnage de Ren, qui a nos références humaines, et la société si ancienne des vampires d’un monde sans technologie mais avec de la magie. Cet univers est passionnant. On ne le découvre, comme je l’ai dit, que petit à petit, mais on saute dedans en même temps que Ren, donc on se retrouve englouti par un monde qui n’est pas le nôtre, qui souvent est incompréhensible, inaccessible, mais pourtant féerique et extraordinaire. On y découvre des vampires qui sont une vraie race, qui naissent et meurent vampires, qui ont d’incroyables pouvoirs, une force phénoménale et une résistance unique. Ils sont froids, ils sont durs, ils ont les yeux rouges, mais ils sont beaux, si beaux… Particulièrement Ryhad, du moins, aux yeux de Ren. On y découvre petit à petit également d’autres créatures, elfes noirs, loups-garous, monstres effrayants et énormes. Les choses semblent démesurées, ici. Un ours, c’est gros, mais un mériadras, c’est un ours encore plus gros ! ;-) Les vampires eux-mêmes sont grands et costauds, pour la plupart. Ren, au milieu d’eux, se sent frêle, il l’est, même si, dans notre monde, il est à peu près normalement constitué. Je ne vais pas m’étendre sur l’univers que Faith a su créer. Il y aurait tant à en dire, et je pense que la meilleure manière de le découvrir, c’est encore de lire le roman… l’auteure saura mieux que moi vous transporter dans ses mots, dans sa magie.

On aperçoit de nombreux personnages, également, certains durs et difficiles à apprécier (le roi, Ewen, le marchand d’esclaves), d’autres touchants, attachants ou captivants (Mirënwe, le capitaine, Eïen). Mention spéciale pour Eïen, d’ailleurs, personnage intriguant s’il en est, que j’ai hâte de retrouver, j’espère dans le tome 2… et qui, j’espère continuera à créer des liens avec Ren. Enfin, il y a Jiirva et Hosgard. Je ne vais pas vous dire qui ils sont, ce serait gâcher l’intrigue… Mais je voulais les citer tout de même, parce qu’ils sont aussi importants que fascinants. Le premier m’a émue, le second m’a surprise, et j’ai hâte de les voir tous deux développés dans la suite !​En conclusion, je ne peux que vous inviter à découvrir ce roman captivant et merveilleux, qui ne vous laissera pas indifférents. Que vous aimiez le M/M ou non, ça n’a pas d’importance, en plus le thème est très bien amené, d’une façon très intéressante. Et les rares scènes érotiques sont légères et bien amenées, elles ne gêneront pas les lecteurs les moins avertis. Les Chroniques de Ren, c’est une belle romance, mais c’est bien plus que ça. C’est une aventure palpitante, une quête insensée, une bataille pour une survie qui semble presque impossible dans un monde où les humains sont faits pour servir et pour mourir… Une magnifique histoire, que j’ai hâte de poursuivre à travers un second opus qui s’annonce agité et palpitant …

Points positifs : une jolie plume très agréable ; un univers superbe et original ; une histoire complexe, longue et passionnante ; des personnages attachants et drôles.

Points négatifs : quelques fautes trouvées à droite à gauche, mais rien qui gêne la lecture ; parfois des répétitions de mots ou de concepts qui se lisent pourtant bien.
Note: 4,6/5 

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