vendredi 15 septembre 2017

[Chronique] Club Fantasy - M. R. Stevens

 Club Fantasy - M. R. Stevens







Titre: Club Fantasy
Auteur: M. R. Stevens
Éditions Mix Éditions
Genre: romance M/M, BDSM, fantasy, bitlit


SERVICE PRESSE


Résumé:


Dis-moi, Bambi, qu’est-ce qui accélère ta respiration comme ça ?
Bambi tremble d’anticipation et cherche son souffle. Les griffes du loup effleurent la chair tendre de son dos. Demain, il aura des marques. Tant mieux. Bambi aime savoir à qui il appartient.
C’est le même rituel à chaque fois qu’il rejoint Monsieur dans cette chambre un peu impersonnelle du Club Fantasy. Ici, Sean Matthews n’existe plus. Et l’inconnu qui le domine n’est qu’un lycan parmi tant d’autres. Il est Monsieur. Juste Monsieur.
Monsieur qui a le pouvoir de hérisser sa peau de chair de poule. Monsieur qui tient aussi la peur et la culpabilité à distance. Cette terreur immonde qui, nuit après nuit, plonge Sean dans de terribles cauchemars.
Alors même qu’il remet son corps et sa volonté entre les mains de Monsieur, Bambi réapprend la confiance. À fermer les yeux sans crainte. Et en se soumettant à son Dom, c’est à Sean que Bambi rend le pouvoir.


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Mix Editions pour ce service presse qui fut encore une vraie belle découverte!

Très sincèrement, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds avant de démarrer Club Fantasy. Il faut croire qu’en ce moment, je suis abonnée aux garous. C’est un univers que je découvre vaste et varié, et que j’apprends à vraiment apprécier ! Pour en revenir à cet ouvrage, donc, l’éditrice m’avait prévenue de son érotisme et bon, j’aime l’érotisme, et le résumé m’avait conquise, donc j’avais hâte de le découvrir. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue.

En vérité, ce bouquin est un vrai coup de cœur pour moi. D’abord grâce à la plume de l’auteur, qui est assez unique en son genre. Légère, fluide, moderne. Une écriture à la troisième personne, qui fait osciller des points de vue internes très travaillés, mais au présent, ce qui est un peu déstabilisant au départ, mais que j’ai beaucoup apprécié. Mais ce qui la différencie, cette plume, et fait son charme, est avant toute chose l’incroyable humour qu’elle déploie au fil des pages. J’ai trouvé trois mots pour décrire cette œuvre : érotique, dramatique… et hilarante.

C’est assez incroyable ce qui se passe dans ce gros roman très haut en couleur, pour tout dire. On est dans une situation de base plus que grave, qui nous amène à découvrir le personnage de Sean, humain liseur d’aura (auraenas), qui a été possédé par une sorcière et, ce faisant, a tué sa meilleure amie, sa presque sœur. Autant dire, difficile de faire plus tragique. Sean, donc, a décidé de demander non pas l’aide de ses proches, pour guérir de ses blessures et de sa culpabilité, mais à un Dom (comprenez un dominant, un maître BDSM) pour réapprendre à faire confiance, à se livrer. Tant qu’à faire, à un inconnu. Bon, Dylan, alias DWolf, est en fait un « frère » de meute fou amoureux de lui, mais il ne le sait pas, alors chut ! On ne va rien lui dire pour l’instant.

Donc, gros contexte dramatique, et un premier héros assez bousillé par la vie, qui s’est renfermé sur lui-même et garde sa culpabilité pour lui. A partir de là, on part dans une histoire peuplée de scènes brûlantes, du BDSM qui va crescendo, et ces scènes sont vraiment, vraiment nombreuses. Une œuvre simplement porno avec une excuse de base, me direz-vous ? Eh bien, non, pas du tout. D’abord, parce que la relation de Sean et Dylan, ou plutôt, de Bambi et Monsieur, est très travaillée, remplie de tendresse, de désir, d’amour, mais aussi de doutes et de questionnements. Ensuite, et surtout, parce que l’humour est omniprésent tout du long de cette œuvre, et franchement, c’est parfois à en mourir de rire. Je peux vous le dire, ma famille et mes voisins ont dû me croire vraiment folle, ces deux derniers jours. Plongée dans ma lecture, je n’ai pas cessé de hurler de rire, parfois à en pleurer… Sean a un humour implacable. Dylan est parfois tellement abruti que c’en est cocasse (il est loin d’être bête, mais les hormones le travaillent, quoi… et il s’est mis tout seul dans une situation hilarante, en prime !). Les quiproquos se font plus nombreux plus le livre avance, et ils sont mortellement drôles. Et les filles, dans ce roman… Oh mon Dieu. J’aime les filles comme ça. Capable de vous balancer des phrases d’une violence inouïe ou d’une impudeur totale, avec un sourire sadique sur les lèvres:

« Et je te préviens, la prochaine fois que tu m’appelles au milieu de la nuit alors que personne ne meure, je t’étrangle avec tes intestins et je te pends à un arbre, façon déco de Noël, compris ? »

« Ça ne l’empêche pas d’être mal à l’aise au possible, mais quelque chose lui dit que s’il essaye de prendre sa veste sur la banquette arrière, Chloé va lui arracher les bras pour lui taper dessus avec. Rien que l’idée lui colle des sueurs froides. »

« — T’as passé une annonce dans le journal pour prévenir que tu es bi, avoue ? ricane le loup.
— Même pas ! Sérieux, comment ils savent ?
— Probablement parce que tu fais des fellations à tout ce qui te tombe sous la main depuis deux jours ? propose Amanda qui vient de les rejoindre.
— C’est tellement sale quand tu le dis comme ça, grimace Sean. »


En fait, un certain nombre des protagonistes étant des garous, leurs paroles et même comportements sont assez violents, mais c’est finalement « bon enfant ». Même quand Zach, le chef de meute et meilleur ami de Sean, annonce sans sourciller « À lui, je lui ai pété tous les os jusqu’à ce qu’il comprenne que ce n’était pas sa faute(…). Estime-toi heureux d’être humain. », ça part d’un bon fond. Sisi je vous jure. C’est ce que j’aime, chez les loups garous. Le fait qu’ils ont ce comportement animal, violent, mais, au fond, ils sont gentils. Enfin, faut pas trop les chercher quand même. Mais ça, on s’en doutait, non ?

Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt, à nos deux héros, sur qui l’histoire est principalement centrée, même s’il arrive qu’on voie le point de vue d’autres personnages tels que Zach, Amanda, ou Chloe. Je vais vous parler un peu d’eux. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce couple qui n’en est pas un.

Sean est, donc, un humain. Enfin, c’est comme ça qu’il se définit, parce que sa capacité à voir les auras en fait plutôt une créature surnaturelle, et sa place dans la meute (parce que dans Club Fantasy, les meutes ne sont pas uniquement composée de loups garous, mais aussi de sorciers et autres), sa vie avec les loups lui donne aussi des sens plus développés. Un instinct, une forme d’odorat. C’est important, l’odorat, chez les garous. D’ailleurs c’est la source de grands quiproquos complètement démentiels… Bref, Sean est un personnage très complexe. Il a un immense sens de l’humour, il est loyal, drôle, aimant, il se préoccupe avant tout du bien-être des autres. Sauf que depuis la mort de Kathy, sa presque-sœur, tuée de ses mains mais alors qu’il était possédé, il déprime, il culpabilise, il dépérit, presque. Il s’est un peu coupé des autres. Ils le surveillent, il comprend mais ça l’agace. Il veut être seul. Il ne comprend pas pourquoi ils ne le haïssent pas… Ce Sean à la psychologie bien torturée va changer du tout au tout lorsqu’il prendre le rôle de Babi. Naît alors une double personnalité intéressante. Il y a Sean d’un côté, parfois colérique, toujours un peu ironique et sarcastique, mais rempli d’humour et de gentillesse. Et de l’autre côté, il y a Bambi. Non, ne dites rien. J’adore ce nom. Comme dit Sean, ça vous change un peu la vision que vous aviez du dessin animé de votre enfance, mais bon. Ça lui va bien. Vraiment bien. Bambi est doux, passif mais très obéissant, enfin, en général. Il est prêt à tout, ou presque, pour satisfaire son Dom. Et Sean, à travers Bambi, se découvre lui-même. Tel qu’il ne pensait pas être. Bi, attiré par un univers qui ne le choque pas comme il pensait que ça aurait dû le choquer. Capable de lâcher prise et d’oublier qu’il aime contrôler, qu’il aime discuter, avoir le dernier mot. Sean est un personnage que j’ai vraiment beaucoup apprécié.

Dylan, de son côté, est un peu l’opposé. Il n’est pas sociable comme l’est Sean habituellement (en fait, ce qui les rapproche, c’est que depuis la mort de Kathy, qui est aussi la sœur de Dylan, ils se sont tous les deux renfermés, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons). Il a un côté plus réservé, moins direct, n’a pas l’humour de Sean, même s’il apprécie ses blagues. Il a des activités cachées : il travaille au club fantasy, où il accomplit des « missions » non sexuelles pour aider les autres et soulager leur quotidien. Il s’assume tel qu’il est, pansexuel, et est fou amoureux de Sean, mais il préfère ne rien dire et garder son amitié plutôt que de se prendre un râteau et de voir le jeune homme s’éloigner de lui. Il a un côté beaucoup plus « soumis », effacé que Sean, mais il change du tout au tout quand il se transforme en DWolf et devient, donc, Monsieur. Il ne connait rien au BDSM, mais, ayant surpris la conversation de Sean et de Chloe, la patronne du club, il se refuse à laisser Sean entre les mains d’un autre que lui et, en plus, il a réellement envie de l’aider à passer au-dessus de son traumatisme. Bon, ok, c’est surtout une excuse. Une bonne excuse, hein, attention, il y croit vraiment, et c’est très vrai, il tient au bien-être de Sean avant toute chose ! Mais bon, avouez, devenir le Dom de l’homme qu’on aime en secret, c’est quand même super tentant. Evidemment, ce à quoi n’avait pas pensé Dylan (vous me direz que Chloe l’avait prévenu, mais quand on pense avec ses neurones situés en dessous du niveau de la ceinture, difficile d’écouter ce qu’on nous dit), c’était qu’il se retrouverait dans une situation terriblement délicate. Il a vite la sensation de profiter de Sean (d’accord, c’est carrément le cas), il culpabilise, mais il ne parvient pas à faire machine arrière. Il tente bien (très mollement !!) de révéler la vérité à son ami, mais il n’y parvient pas. Parce que oui, derrière ses allures de beau mâle puissant, fort et dominant (même si ce n’est qu’un bêta de la meute), Dylan manque de confiance en lui, en sa relation avec Sean. En fait, il a même carrément peur de perdre définitivement Sean ! Alors il va user de mille stratagèmes pour, d’une part, faire en sorte que Sean ne réalise pas qui il est, et d’autre part, tenter de se convaincre que c’est pour la bonne cause. Bon, la peinture qu’il arbore pour tenter de cacher ses sentiments, troubles et émotions, a un peu trop tendance à craqueler régulièrement. Ce n’est pas sa faute, si, plus il s’avance dans une relation profonde et attachante avec Bambi, plus il craint de révéler la vérité, si ? Bon, d’accord, s’il avait écouté Chloe et pris son courage à deux mains dès le départ, il n’en serait pas là. Mais nous, lecteurs, on est bien contents qu’il en soit là. Parce que c’est drôle. Parce que l’histoire est bonne. Et qu’on a envie qu’elle dure !

Les autres personnages sont plus discrets, mais tous très bien campés, et attachants. Je les ai déjà cités, je vous laisse les découvrir en lisant Club Fantasy, je vous promets que vous ne regretterez pas de faire leur connaissance !

Ce livre est bien renseigné sur le BDSM, et cet aspect est assez passionnant, et très bien réalisé. On n’est pas dans 50 Nuances et sa mièvrerie, les contrats pas respectés (ah, pardon, le contrat n’avait jamais été signé ! ;-) ) et tous ces aspects qui ont fait grincer des dents à la communauté BDSM, et pour cause. Ici, on est dans du sérieux (enfin, entre deux éclats de rire…). La relation avance pas à pas, elle évolue, nous montre un côté très positif du BDSM. Un univers certes teinté, mais respectueux, avec cet axe que j’ai adoré qui nous montre que, en vérité, c’est le soumis qui a le pouvoir dans ce genre de relations. C’est lui qui décide, qui dit stop (ah, pardon, rouge), c’est lui dont on s’occupe (même si ça peut sembler l’inverse). C’est lui qui est gratifié (même si des fois il est puni aussi, hein, faut pas rigoler ! ). Je trouve la relation très bien maîtrisée, les actes, contextes et scènes très bien expliqués et détaillés.

En parlant de scène, l’érotisme, ici, est, comme je l’ai dit, vraiment très présent, mais ça ne gênera pas la plupart des lecteurs, parce qu’il est peuplé d’humour. En fait, il passe comme une lettre à la porte, cet érotisme, même si franchement, c’est parfois très chaud. J’ai adoré me retrouver dans la tête de Bambi lors des scènes. J’y suis littéralement tombée, et je m’y suis plue ! Et malgré la très grande présence de cet érotisme, donc, je le trouve extrêmement bien dosé. De la grossièreté, oui, mais jamais de vulgarité. Des mots crus, mais jamais déplacés. Des scènes travaillées, belles, très graphiques, mais sans jamais tomber dans l’obscénité. Pour moi, elles sont l’une des immenses qualités de ce roman. Ça, la complexité de la relation Sean/Dylan/Bambi/DWolf, et l’humour.

Cette histoire, c’est un très bon mélange, bien secoué, pétillant, mousseux, sucré et un poil acide, aussi. Un concentré de bonheur sur plus de 500 pages. Pour moi, ce roman, c’est un grand succès, que je conseille à tout le monde. Enfin, peut-être que les âmes trop sensibles devraient s’abstenir. Ou peut-être pas. C’est vous qui voyez. Moi je vous le recommande, parce que c’est un livre qui mérite vraiment lecture… et relecture ! ^^

Points positifs : écriture fluide, légère, moderne ; un humour décapant ; des personnages vraiment très travaillés autant psychiquement que relationnellement.
Points négatifs : beaucoup trop addictif ! En plus à cause de mes rires, mes voisins me prennent pour une folle !
Note: 4,7/5 

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