jeudi 28 septembre 2017

[Chronique] Chroniques de la Terre d'Airan 1 - Audrey Alwett

 Chroniques de la Terre d'Airain, tome 1: les Poisons de Katharz - Audrey Alwett














Titre: Chroniques de la Terre d'Airain, tome 1: Les Poisons de Katharz
Auteure: Audrey Alwett
Éditions ActuSF
Label BAD WOLF
Genre: fantasy




Résumé:


À Katharz, ville-prison dans laquelle sont expédiés les criminels, le meurtre est légal et même récompensé. Ténia Harsnik, la dirigeante, y règne par la terreur et aime jouer de la guillotine. Non qu'elle soit cruelle, mais il lui faut coûte que coûte maintenir le nombre d'habitants sous le seuil des cent mille âmes. Le dépasser conduirait hélas à la fin du monde, et ça serait désagréable. Bien entendu, les enjeux sont secrets. Bien entendu, le marchand de sortilèges Sinus Maverick prépare un coup d'État infaillible. Bien entendu, le Prince Alastor a planifié de raser la ville avec sa trop nombreuse armée. Bien entendu, Dame Carasse, la seule sorcière capable d'affronter ce chaos, vient de ficher le camp. Bien entendu... Une intrigue puissante, des personnages dotés de défauts affreusement humains, un final épique... Avec un humour féroce, Les Poisons de Katharz est un roman qui pose la question du compromis moral.


Biographie de l'auteure:



Née en 1982 en banlieue parisienne, Audrey Alwett développe son goût pour l'écriture dès l'école primaire en racontant des histoires à ses petits frères. Durant ses études littéraires, elle travaille dans diverses petites maisons d'édition et pour la PQR, mais les premières publications qui lui importent seront des nouvelles qui lui permettent de remporter quelques prix.

C'est grâce à Lanfeust Mag qu'elle rejoint le monde des auteurs professionnels. Elle rallie le studio Gottferdom en 2007 pour faire de l'écriture son activité à plein temps. SinBad, co-scénarisé avec Arleston et dessiné par Alary chez Soleil, sera son premier titre. Une quarantaine de livres a suivi depuis, dont la série Princesse Sara vendue à 200 000 exemplaires.

En 2015, elle monte le label BAD WOLF, qui devient une collection aux éditions Actusf l'année suivante. Elle y publie son roman de fantasy Les Poisons de Katharz.




Chronique d'Aurélie

Les Poisons de Katharz, en plus d'être un vrai régal à lire, est rempli d'humour, mais pas moins dénué de réflexions poussées, aussi bien philosophiques que sur notre société actuelle. Très ironique, voire parfois franchement cynique, une fois engagé dans l'histoire, on ne peut plus s'en décrocher.

Une intrigue avec maints rebondissements, des personnages tous très antipathiques auxquels on s'attache (forcément!), un réalisme désillusionné qui fait sourire (ben faut dire, aussi, c'est tourné généralement à la dérision), un univers à la fois rempli de références (déjà direct, l'héroïne avec laquelle j'ai le plus accroché tous romans confondus, c'est Mémé Ciredutemps, la sorcière du Disque Monde de Terry Pratchett, et là, l'un des personnages principaux fait agréablement penser à cette mégère mal lunée et dont la surpuissance n'est que du flan -mais ça marche, c'est ce qui compte, hein!) et tout à fait original (certainement principalement parce que les choses merveilleuses qu'on trouve ailleurs sont ici un peu... décalées). On sent dur l'influence de sir Pratchett, et c'est tant mieux, ce grand homme me manque, et puis, c'est une bonne influence.

Une auteure pétillante, dynamique, dont la plume acérée (oui, c'est le bon mot) est une vraie merveille. Un style fluide, incroyablement attrayant, qui rend toute pause quasiment impossible… Autant dire, on lit sous apnée ! Et le scénario, derrière ses airs humoristiques et décalé, est franchement très travaillé, rien à dire, on est tenu en haleine du début à la fin, et la chute est aussi inattendue que phénoménale. Rien de prévisible, dans cet ouvrage. Une magie qui sent la truffe et qui, ma foi… laisse rêveur, malgré ses airs de charlatanisme. Magie qui fonctionne aussi bien dans le roman (oui, bon, Dame Carasse nous en met plein la vue, mais elle est douée pour bluffer !) qu’à sa lecture !

Les personnages :
-Dame Carasse : personnage exécrable par excellence, elle possède un caractère de chien, est désagréable à souhait, et franchement, je l’adore !! Un personnage coup de cœur tous romans confondus, qui m’a tellement fait penser à Mémé Ciredutemps que je ne pouvais évidemment que l’aimer. « Puissante » sorcière (en fait, elle est puissante, mais elle se ménage… et elle est surtout extrêmement intelligente), elle est connue partout et terrorise les gens (et elle adore ça !). Elle vit dans une chaumière montée sur pattes de poulet (oui, vous avez bien lu, et vous aurez peut-être reconnu la référence…), et si elle a un caractère de véritable mégère, elle n’en a pas moins un cœur énorme. Très proche des pauvres et démunis (même si elle passe son temps à les renvoyer bouler), elle est crainte de tous les puissants. On ne sait pas vraiment ce dont elle est capable, au fond… Elle est très proche de Ténia Harsnik, dont elle est la marraine. Elle a des tendances à consommer… beaucoup d’apprentis. Mais ce n’est pas de sa faute si ce sont de sombres crétins, après tout… ;-)

-Ténia Harsnik : jeune souveraine de la cité prison de Katharz, elle cache derrière ses airs durs et cruels un bien lourd secret… On la prend pour un tyran féroce, mais il est bien possible que derrière ses décisions parfois très violentes et sanguinaires se cache un mystère qui fait d’elle une véritable héroïne… Ténia est belle, volontaire, extrêmement autoritaire. A Katharz, soit tu domines, soit tu es écrasé. Et Ténia n’est pas du genre à faire partie du camp des vaincus… Intelligente à l’extrême, elle est capable de déjouer les complots les plus tortueux. On la dit sans cœur… mais est-ce bien la vérité ?

-Sinus Mavérick : marchand sans vergogne, il ne recule devant rien pour parvenir à ses fins et s’enrichir. Même s’il s’agit de vendre des sortilèges extorqués à des sorciers manipulés, et même quand il semble nécessaire, pour continuer à s’élever au-dessus du reste du monde, de fomenter un terrible coup d’état… Sinus est le personnage qui, au premier abord, semble sans âme et sans scrupule. Mais comme les personnages des Poisons de Katharz sont bien plus que ce qu’il n’y parait, il est possible que vous accrochiez finalement bien plus à ce marchand peu loyal que vous ne l’auriez imaginé au début…

-Azarel : jeune apprenti de Dame Carasse, aux allures angéliques, doué mais absolument inconscient de ses propres talents, gentil en toutes circonstances et terriblement naïf. J’ai adoré ce personnage, qui détonne complètement dans l’univers créé par Audrey Alwett et par rapport à la noirceur des autres antagonistes de l’histoire. Trop gentil, on a la sensation qu’il va se faire tuer dans un coin dès sa première sortie dans les rues de Katharz (qui, rappelons-le, et LA ville des criminels), mais il semble posséder l’étrange capacité d’amadouer son monde… personne ne semble avoir envie de lui faire du mal, et faut dire, avec de grands yeux bleus aussi innocents… Azarel possède un passé très mystérieux, que Dame Carasse appréhende petit à petit, et qui pourrait bien aider Ténia et sa marraine à éviter qu’IL ne transforme les Terres d’Airain en chaos post-apocalyptique…

Je ne me lasse pas de découvrir les livres qui dépendent du label "BAD WOLF", dont fait partie Les Poisons de Katharz, sont vraiment à découvrir, en parallèle je lis -à haute voix pour mon amoureux dans la voiture- Le Souper des Maléfices d'Arleston, et c'est une belle découverte également). A lire, donc. Vraiment. Un des meilleurs romans fantasy que j’aie lu !



Points positifs : écriture exceptionnellement fluide et rythmée. Un scénario extrêmement travaillé. Des personnages aussi atypiques qu’attachants. Un fin grandiose et explosive !

Points négatifs : pas trouvés

Note: 4,9/5 

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