mercredi 20 septembre 2017

[Chronique] 10 Count - Rihito Takarai

10 Count - Rihito Takarai





Titre: 10 Count
Auteure: Rihito Takarai
Éditions Taifu comics
Genre: manga - yaoi
Âge: 18+
5 tomes sortis, série en cours




Résumé:


Shirotani est un jeune homme brillant atteint de mysophobie. Quand le chef d’entreprise pour lequel il travaille est victime d’un accident, il rencontre Kurose, un jeune homme qui lui conseille de se faire soigner et lui laisse la carte d’une clinique psychiatrique. Le lendemain, Shirotani se rend à la clinique et comprend que Kurose est un des psychiatres qui y travaillent. Les deux noueront alors une relation qui dépassera bientôt le cadre médecin-patient...




Chronique d'Aurélie


Alors, pour commencer, je ne sais pas pourquoi, mais en voyant le titre et l’image de couverture (que je trouve magnifique, au passage), je m’imaginais une histoire avec des hommes très riches (à cause du « count », j’étais partie sur un comte, moi lol), un manga un peu kinky, avec une histoire très torturée. Bon, en fait, l’histoire est carrément torturée, comme on pourrait s’y attendre d’un yaoi (c’est souvent le cas, en tous cas). Mais rien à voir avec la noblesse, en tous cas. Rien du tout, du tout, du tout.

Et, pour le coup, j’ai cliqué dessus par hasard, parce que la couverture m’attirait, et je suis tombée sous le charme. C’est une histoire très très sérieuse et réaliste, que nous avons là. Celle d’un jeune homme, Shirotani, qui souffre de mysophobie. Une histoire assez dure, somme toute, la psychose de Shirotani ayant atteint un paroxysme certain : terrorisé par l’idée des germes et bactéries trainant partout, il porte sans cesse des gants (qu’il lave si souvent qu’ils deviennent rugueux à l’intérieur, ce qui fait qu’il a des mains couvertes de blessures), répugne à toucher quoi que ce soit, désinfecte tout et ne supporte pas l’idée qu’on ait pu toucher à ses affaires. Impossible pour lui de manger ou boire dans un lieu public, d’aller dans une librairie, encore plus de laisser entrer quelqu’un dans son domaine ! Il vit sa vie à sa manière, refusant de se percevoir comme malade ou handicapé… et pourtant… il l’est, ô combien !

Au début de l’histoire, son directeur qui téléphonait dans la rue est sauvé par un jeune homme à vélo d’un accident de camion. Le directeur a les deux jambes cassées, mais il est rempli de gratitude envers le bel et jeune inconnu à qui il doit sa vie. Shirotani, son secrétaire, est envoyé à la poursuite de ce mystérieux Kirose pour le remercier. C’est alors que Kirose, qu’il ne connait pas, lui annonce qu’il souffre de mysophobie et que sa « maladie » peut être traitée… L’univers de Shirotani s’apprête à être complètement bouleversé quand, le lendemain, il découvre que Kirose est en fait psychiatre à la clinique qui pourrait traiter sa phobie. Kirose décide de le prendre en main, d’une manière tout à fait « non professionnelle », et de l’aider à dépasser sa psychose. Il lui propose un programme en 10 points (d’où le titre ! ^^) : Shirotani doit classer par ordre croissant les choses qu’il « ne peut pas faire », et tenter de les accomplir, petit pas par petit pas. Commence alors une amitié pétillante et étrange, drôle et touchante, qui va petit à petit se teinter de sentiments troubles… Entre dégoût et attirance. Shirotani va petit à petit lâcher prise sur sa phobie, et l’on va découvrir, au fur et à mesure que l’histoire avance et s’intensifie, le pourquoi des actions et motifs de nos deux héros…

Parlons un peu plus des personnages. J’ai été très touchée par Shirotani et sa difficulté d’être face au monde. Il vit dans sa bulle, et s’est camouflé sous une armure d’habitudes et d’indifférences, mais en vérité, c’est un être intense, vibrant, qui a envie de trouver une forme de reconnexion au monde mais n’arrive pas à, même l’imaginer. Son histoire d’enfance est touchante. Sa nature à la fois sensible et passionnée, cachée derrière son masque serein et froid, est vraiment belle à voir. Même s’il lui sera souvent difficile de prendre la bonne décision, et qu’il fuira plus souvent qu’il ne se jettera dans le flot de ses émotions… C’est aussi une part de ce personnage que j’aime beaucoup, d’ailleurs…

Kurose est un personnage étrange. Au début, on ne saisit pas bien ses motivations (comme l’histoire est vue du point de vue de Shirotani, en plus, n se pose les mêmes questions que lui). Au départ, il affirme à Shirotani qu’il expliquera ses véritables motivations quand Shirotani aura rempli le dixième point du programme (qu’il a laissé vide, pour l’instant). On imagine directement, en tant que lecteur, qu’il parle de son attirance flagrante pour Shirotani… mais c’est peut-être bien plus complexe que cela. Kurose est un personnage très qualitatif. Il reste doux et flegmatique en toutes situations, tout en poussant Shirotani dans la direction que ce dernier souhaite prendre… sans s’en rendre compte. Il saisit les motivations cachées de Shirotani, sa dualité, ses craintes… ses envies. Sa façon d’agir, de communiquer, tout est calculé. Ses gestes et actes, et paroles, semblent parfois déplacées, mais elles remuent Shirotani d’une manière juste, en profondeur, qui sauront faire émerger de lui… le pire… pour le meilleur.

Les dialogues sont riches. C’est un manga qui parle d’une difficulté très sérieuse, aborde la psychologie, et c’est bien fait, vraiment. Rien à dire de ce côté. Enfin, évidemment, je l’ai lu en anglais, donc je peux pas dire comment c’est en français, mais il n’y a pas de raison que ce ne soit pas qualitatif également. Au moins dans le fond des dialogues. J’ai eu la sensation, pour une fois, d’apprendre vraiment des choses à travers la lecture de ce manga.

Parlons un peu du dessin. Je le trouve magnifique. Les traits sont beaux, les personnages sont bien faits, et très différentiables. Beaucoup de charisme, particulièrement chez Kurose. Les pages en couleurs sont très jolies aussi (deux en début de chaque tome). Les scènes de sexe sont très… osées. Elles commencent tard dans le déroulement de l’histoire, donc au premier abord on penserait à un yaoi très soft, en fait ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout le cas ! ;-) Donc, âmes sensibles, s’abstenir, évidemment. Pour ceux et celles que ça ne gêne pas ou qui aiment, sachez cependant que j’ai trouvé certaines images un peu brouillon à ce niveau là. Mais on ne peut pas dire que ce soit mal fait, vraiment pas.

Pour finir, je ne peux que conseiller ce manga, à tous les amateurs de yaoi. Et même à ceux qui n’ont pas l’habitude mais ne sont pas choqués facilement, d’ailleurs, parce que cette histoire-là va bien au-delà de la romance et des questionnements habituels du « boy’s love ». C’est un manga qui m’a secouée, et j’ai bien failli tabasser mon portable quand je suis arrivée à la dernière page… d’un manga en cours… donc non fini… en plein milieu de LA scène qu’on attendait. ;-) J’attends la suite avec une immense impatience. <3




Points positifs : une problématique creusée et très riche, des personnages attachants, avec de grosses difficultés et des histoires torturées passionnantes, qu’on découvre petit à petit. Des graphismes fabuleux. Une histoire d’amour mature et touchante.


Points négatifs : pas trouvés…


Note: 5/5 

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